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Fourmis pharaons

Les fourmis pharaons sont devenues un important fléau dans les hôpitaux, les maisons de repos, les immeubles d’habitation, les hôtels, les épiceries, les établissements de restauration et les autres immeubles. Ces fourmis se nourrissent d’une vaste gamme d’aliments, notamment de confiture, de miel, de shortening, de beurre d’arachide, de sirop de maïs, de jus de fruit, de produits de boulangerie-pâtisserie, de boissons gazeuses, de graisses, d’insectes morts et même de cire à chaussure. De plus, ces fourmis font des trous dans les articles de soie, de rayonne et de caoutchouc. Dans les hôpitaux, des fourmis à la recherche de nourriture ont été trouvées dans des plaies chirurgicales, dans les solutions de glucose intraveineuse, dans les emballages scellés de pansement stérile, dans les boissons gazeuses, dans l’eau dans les étalages de fleur et dans les pichets d’eau. Ces fourmis sont capables de transmettre des maladies mécaniquement ou de contaminer le matériel stérile. Certains sont d’avis que les infections à Staphylocoque et à Pseudomonas, qui se produisent de temps en temps dans les hôpitaux, sont liées à ces fourmis.

Identification

Les ouvrières pharaons sont très petites (environ 1,5 mm de long) et leur couleur varie du jaune pâle au brun-rouge avec un abdomen (portion arrière du corps) un peu plus sombre. Elles n’ont pas de dard. Le pétiole (taille étroite entre le thorax et l’abdomen) comporte deux nœuds et le thorax n’a pas de colonne vertébrale. Les yeux sont bien développés. Les segments d’antennes se terminent par une masse dotée de trois segments graduellement plus longs. Cela contraste avec la fourmi ravisseuse dont la masse comporte deux segments.

Cycle de vie et habitudes

Les fourmis pharaons femelles peuvent pondre 400 œufs ou plus au cours de leur vie. La plupart pondent de 10 à 12 œufs à la fois, au début de leur production d’œufs, et ensuite seulement quatre ou sept œufs à la fois. À 80 °F et 80 % d’humidité relative, les œufs éclosent après cinq à sept jours. La période larvaire dure 18 à 19 jours, la période de prénymphose, trois jours, et le stade de chrysalide, neuf jours. Il faut environ quatre jours de plus pour la formation de la fourmi mâle ou femelle. La totalité du cycle de vie nécessite environ 38 à 45 jours selon la température et l’humidité relatives. À la différence de la plupart des fourmis, elles se reproduisent continuellement durant l’année dans les immeubles chauffés et l’accouplement a lieu dans le nid. Une seule reine peut produire de nombreuses centaines d’ouvrières en quelques mois. Les colonies à maturité contiennent plusieurs reines, mâles ailés, femelles stériles ou ouvrières, œufs, larves, prénymphes et nymphes, et peuvent atteindre un chiffre de population de 300 000 membres ou plus. Les reines, aidées de quelques ouvrières transportant des immatures (œufs, larves et nymphes), quittent régulièrement le nid et établissent ailleurs une nouvelle colonie, propageant rapidement l’infestation. Cette tendance de comportement est connue sous l’appellation « satellitage », « fractionnement ou bourgeonnement » : c’està-dire qu’une partie de la colonie immigre à un nouvel emplacement au lieu que des femelles seules se dispersent après le fourmillement reproductif. Le bourgeonnement peut se produire en raison d’une surpopulation, de changements saisonniers dans le système de chauffage et de refroidissement central d’un immeuble ou de l’application d’un pesticide répulsif. Les nids sont souvent si petits qu’ils peuvent être contenus dans un manchon entre deux feuilles de papier, dans des vêtements ou de la lessive, dans des meubles, dans des aliments, etc. On trouve d’habitude des nids dans les vides des murs, sous les planchers, derrière les plinthes, dans les contenants à déchet, sous les pierres, dans les creux du ciment ou des murs de pierres, dans la literie, dans les luminaires, etc. Ces fourmis préfèrent les endroits sombres et chauds près des tuyaux d’eau chaude ou des rubans chauffants, dans les salles de bain, dans les cuisines, dans les services de soins intensifs, dans les salles d’opération, etc. Ce sont des fourmis « aventurières » qu’on retrouvent souvent à la recherche de nourriture dans les drains, dans les toilettes, dans les lavabos, dans les bassins de lit et dans d’autres endroits insalubres, ainsi que dans les sachets scellés de pansement stérile, les systèmes goutteà-goutte intraveineux, les plaies chirurgicales, les aliments et l’équipement médical.

Mesures de gestion

Les fourmis pharaons sont habituellement beaucoup plus difficile à gérer que les autres fourmis en raison de leur capacité de dispersion. Il peut y avoir des douzaines ou des centaines de colonies dans un seul hôpital et, lorsque quelques colonies sont oubliées pendant la gestion parasitaire, les populations se reconstituent rapidement. Environ 90 % des fourmis de la colonie restent cachées dans le nid; par conséquent, même si 10 % des fourmis de la colonie sont tuées au pesticide chimique à effet durable, la réserve restante de fourmis est énorme. Les applications de pesticide de contact traditionnel, particulièrement les produits répulsifs comme la pyréthrine, peuvent répandre l’infestation à d’autres endroits et de multiples colonies naîtront alors dans la structure. Ces fourmis éviteront certains pesticides. La gestion est difficile et souvent de longue durée (pouvant s’étaler sur des mois ou des années), selon la taille de l’immeuble, les vides dans les murs, etc., particulièrement dans les hôpitaux et dans les usines d’aliments. L’entière collaboration du gestionnaire de la propriété et des résidents est essentielle pour la réussite d’un programme de gestion parasitaire.

Inspection

Examinez soigneusement l’intérieur et l’extérieur de l’immeuble, du toit jusqu’au sous-sol, pour constater la distribution des fourmis, la taille de la population et les sources de nourriture. Trouvez les itinéraires des fourmis en les suivant jusqu’à l’endroit où elles s’alimentent. Une seule file de fourmis qui se déplacent dans une direction peut signifier un mouvement de la colonie, plutôt qu’une quête de nourriture. Marquez d’un autocollant l’itinéraire établit de la quête de nourriture et inscrivez la date. Les itinéraires suivis par un grand nombre de fourmis indiquent une grande colonie. L’appâtage à blanc (dilution de miel ou de beurre d’arachide sur des cartes de 76 mm par 127 mm) aide à déterminer les « points chauds »; mais ces endroits sont faciles à trouver pour une personne d’expérience. En hiver, ces fourmis ont tendance à se concentrer à proximité de la chaleur, tandis qu’au printemps et en été, elles se déplacent sur les murs extérieurs et se répartissent dans tout l’immeuble. Vérifiez soigneusement les endroits humides comme les tuyaux, les robinets, les climatiseurs, les réfrigérateurs, les drains, les toits qui fuient, etc.

Prévention

Lorsque les insecticides sont interdits à proximité de l’équipement de haute technologie et dans les établissements du domaine de la santé, utilisez des bandes adhésives, du ruban adhésif double face, et du ruban-cache (côté collant à l’extérieur) enroulés autour des objets comme barrières. Utiliser un anneau de gelée de pétrole, des colles non durcissantes, des tapis à poussière collants ou des panneaux de colle sous les pattes des appareils. Scellez les fentes et les vides avec un produit de calfeutrage après l’application d’insecticides répulsifs à faible résidu ,comme le chlorpyrifos (Dursban) ou le diazinon.

Insecticides

Dans les zones de colonies actives, traitez les vides dans les murs et les plafonds par les fentes et les fissures au moyen de poudre d’acide borique non répulsive et placez des appâts. Gardez les fourmis assez longtemps dans la zone afin qu’elles transportent la substance toxiques à action lente dans la colonie principale pour empoisonner les ouvrières, les larves et les reines. (Il est recommandé d’utiliser un insecticide d’ingestion à action retardée.) Les insecticides répulsifs, comme la pyréthrine, déplaceront les colonies qui s’étendront davantage dans tout l’immeuble.

RLa recherche a montré qu’il est préférable de placer des appâts seulement où l’on trouve des itinéraires utilisés par les fourmis. Cette pratique assure l’ingestion, puisque certaines fourmis n’ont pas été en mesure de trouver l’appât lorsqu’elles se trouvaient à quelques centimètres du point d’appât. Placez un coton-tige imbibé d’appât provenant du point d’appât sur l’itinéraire des fourmis pour assurer une ingestion instantanée. Les préférences d’appât peuvent changer durant la saison en raison des besoins changeants des colonies en développement. Un appât efficace est composé d’une formule d’acide borique à 99 %, mélangé dans une concentration de 5 % en fonction du poids de la gelée de pomme à la menthe (environ deux cuillères à thé rases d’acide borique en poudre pour 10 onces de gelée de pomme à la menthe). Un autre appât peut être préparé en mélangeant 2 % d’acide borique et 98 % de sirop de maïs léger. Un appât commercial appelé méthoprène (Pharorid) est vendu à l’usage des opérateurs de gestion parasitaire dans un appât composé de foie, de miel et de gâteau éponge. Il est souvent difficile d’utiliser l’appât que préfère les fourmis; lorsque les fourmis se nourrissent d’un mélange, un autre mélange placé à moins d’un centimètre sera ignoré jusqu’à ce que les fourmis débordent dans le deuxième appât. Les appâts d’acide borique et de méthoprène fonctionnent lentement et il peut parfois s’écouler 15 à 40 semaines ou plus avant l’éradication des fourmis. Un appât contenant de l’hydraméthylon (même produit que dans les points d’appât à blattes Maxforce) donne des résultats plus rapides, c’est-à-dire dans une période de 2 à 35 jours, selon certains opérateurs de gestion parasitaire.

Les points d’appât peuvent être des sections de paille à boire géante de plastique, des gobelets de distribution de médicaments (pilules), des couvercles des flacons de plastique et/ou une bande adhésive (ruban-cache). Les appâts peuvent être placés sur le rebord arrière des comptoirs de cuisine, aux raccords des parois de conduite de plomberie, sur les appuis des fenêtres, derrière les prises de courant murales, audessus des cadres de porte, etc., dans les zones moins accessibles pour les animaux domestiques ou les jeunes enfants. Au tout début du programme d’appâtage les fourmis pourraient s’alimenter de façon accrue ou nouvelle. Évitez d’utiliser d’autres pesticides, des produits nettoyants très forts, ou d’appliquer de la peinture pour décourager l’alimentation des fourmis durant les périodes d’appâtage.

Des applications de bendiocarbe (Ream), un produit sans odeur, peuvent permettre une éradication rapide des fourmis pharaons si les traitements sont rigoureux. Les produits Ficam, poudre mouillable à 76 % et poudre à 91 %, sont étiquetés pour usage commercial autorisé et par les opérateurs de gestion parasitaire. Les produits d’appât les plus recommandés pour lutter contre les fourmis pharaons sont les suivants : acide borique et gelée de pomme à la menthe (Drax), hydraméthylnone (Maxforce), méthoprène (Pharorid), bendiocarbe (Ficam), propoxur(Baygon) et sulfluramide (Pro-Control). Une fois les points d’appât en place, on observera une file de fourmis allant et venant de ces points d’appât. Évitez de vaporiser ou de déranger les fourmis ou les points d’appât. Il faut permettre aux fourmis de transporter l’appât jusque dans leur nid où l’ingrédient actif dans l’appât éliminera la colonie. D’habitude, la meilleure méthode pour gérer les fourmis pharaons consiste à faire appel à un opérateur autorisé en gestion parasitaire ou à un applicateur qui est formé, expérimenté et qui dispose de l’équipement adéquat. Avant d’utiliser un insecticide, lisez toujours l’étiquette, suivez le mode d’emploi et les mesures de sécurité.